Réincarnation

Par définition, la réincarnation est le retour dans la chair. Elle s’appuie sur la thèse selon laquelle un certain principe immatériel (âme, esprit, conscience individuelle, substance vitale, énergie) peut accomplir des passages de vies successives dans différents corps (humains, animaux, végétaux). Cette doctrine venue de l’Orient propose une vision globale et très fascinante de l’existence, elle avance l’idée qu’à la mort du corps physique, l’âme le quitte pour renaître dans un autre corps.

Le concept de la réincarnation

La réincarnation est proche des concepts de métempsycose, de palingénésie, et de l’éternel retour. Elle fusionne l’idée de rétribution et celle de réincarnation, ce qui implique que toute bonne action par l’homme lui vaut une bonne renaissance. Et à contrario, à chaque mauvaise action est attribuée à une réincarnation au bas de l’échelle. Ceci est fait afin que l’homme puisse assumer les conséquences de ses actions, et ce, jusqu’au moment où la loi du destin sera brisée. Il devra purifier son âme et essayer d’effacer ses actes passés en ne faisant que le bien. Par ailleurs, il faut savoir que le cycle de la réincarnation ne peut se terminer que lorsque la purification est achevée.

Elle compte parmi les dogmes fondamentaux de plusieurs religions du monde comme le bouddhisme, les hérésies chrétiennes, l’hindouisme, les sikhs, l’islam et le jaïnisme ainsi que des sectes modernes à l’image de la Thésophie ou de la Scientologie. Bon nombre de traditions croient en une régénération de l’âme après la mort du corps.

La réincarnation compte parmi les croyances centrales de l’hindouisme. Ce courant a vu naissance en Inde et la majorité des hindous croient fortement que la réincarnation existe. Pour les hindous, l’âme se sépare du corps et de l’esprit au moment de la mort. Par ailleurs, il faut savoir que l’âme et l’esprit ne se confondent pas dans l’hindouisme ou même dans le jaïnisme. L’âme est éternelle et ne connait ni de début ni de fin contrairement à l’esprit qui a une vie limitée. L’esprit ne peut perdurer, il nait et meurt tout en étant soumis à l’égo ou ahamkara ainsi qu’aux destructions et créations cycliques de la réincarnation.

Selon le maître Yâgnyâvalkya (630-583 av. J.-C.), tous les êtres vivants, dont l’homme, à leur mort, retournent aux éléments primordiaux. Ainsi, le corps retourne à la terre, le sang à l’eau, la vue au soleil, l’esprit à la lune et le souffle au vent. Les actions non rémunérées quant à eux s’assemblent de nouveau dans un nouveau corps, et ce, sous une autre forme (animale, végétale).

Selon la croyance hindoue, si l’homme manque à sa libération en tant qu’être humain (moksha) au moment du cycle des réincarnations (samsara), alors son âme va se réincarner en plus de 8, 400,000 fois, et ce, en une autre forme non humaine (animale ou végétale) avant de renaitre dans un corps humain. La conception occidentale quant à elle estime que la réincarnation est impérative. Ce concept diffère sur beaucoup de points de la croyance hindoue, bouddhiste et jaïnisme qui considèrent que la réincarnation n’apporte que le chaos. Cette idée est surtout appuyée par le fait qu’ils croient fermement que le but de la vie est de se libérer du cycle des existences. Ce qui est certain c’est qu’au fur et à mesure des réincarnations, l’existence de chaque homme va devenir plus élaborée et complexe.

Les lois de la destinée et du karma sont les fondements du processus de la réincarnation. Karma est un terme sanskrit qui peut se définir par action-réaction et qui se rapproche du terme grec de Némésis ou la déesse aux yeux bandés qui représente un principe qui régit tous les domaines d’existence, et non seulement celui de la réincarnation. Cette loi de nécessité est impitoyable quant aux actions de l’homme sur terre. Pour certaines personnes, le karma tend à expliquer les inégalités existantes entre les êtres humains, la raison de certaines épreuves de la vie, mais aussi l’existence de la mort. Toutefois, il convient de savoir que la mort ne signifie pas la cessation de vie, mais le prélude à une nouvelle naissance d’une durée assez longue.

La réincarnation prend ses principes sur le karma. À cet effet, le karma ne justifie en rien la misère et autres catastrophes, si une personne vient à subir certaines épreuves dans sa vie, c’est à la suite d’un ou de plusieurs mauvaises actions passées. Il n’est alors point utile de qualifier le karma comme une sorte de conséquence directe, mais plutôt comme un avertissement qui à long terme se serait amassé et que l’on ne pourrait plus effacer ni réduire. Bon nombre de personnes estiment qu’il existe de mauvaises naissances, cela se rapporte aussi à la réincarnation et au karma. Une naissance est, elle aussi, le résultat d’actes passés, accomplis dans une existence antérieure.

Par conséquent, s’intéresser à la réincarnation, c’est aussi essayer de comprendre les mystères de l’après-vie et l’existence des éventuelles vies successives (sur terre ou sur d’autres planètes aussi habitées).

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